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/ CROISSANCE DU NOIR /
/ ihv / n° 35 / 2005 /
Écrire
empierrer les choses
tomber du matin dans le poème
sur le poème
fendre la saison
ressasser le feuillage
*
seule
la nuit circulait
à grands traits
sous mes doigts
le noir
se desserrait se dégourdissait
alors par l’échancrure
j’ai pénétré
le buis de nuit
forçant
forçant
j’ai vu
ma bouche ensanglantée
pleine de poèmes
saccagés
les mots cognaient
gentiment
se pressant
en essaim en semis
aux portes à pas de feutre
et de velours
glissant leurs bras
à travers bois
emplis de souffles et de sables
venus
du fond indéchiffrable
respirer inspirer
désapprendre la nuit
des ancêtres
© 2004 / romain verger